L'interdiction du lashone har'a ; Sixième principe :
Remarques préliminaires :
Dans ce sixième principe, on expliquera l'interdiction d'accepter les paroles de lashone har'a et de les écouter (1). Comment doit-on se comporter dans ces situations, dès le départ, et [notamment] lorsqu'on est « pris » dans la mauvaise compagnie des « hommes de la langue » (2) ? Comment se conduire conformément à la Torah ? De nombreux autres détails [seront examinés]. Elle comporte douze sections.
Sixième principe : première section
C'est une interdiction de la Torah d'accepter le lashone har'a, que soient concernés les actions « ben adam lamaqom » ou « ben adam laḥavero ». Cela signifie, qu'en son cœur, on n'a pas le droit d'ajouter foi aux paroles qu'on entend. C'est que, si l'on croyait [ces paroles], on en viendrait à mépriser la personne dont on parle. [Cela s'applique] même si [l'auditeur] exprime ouvertement son désaccord avec ce qui vient d'être dit. S'il ne le faisait pas, il aggraverait la faute : en parole (en tant que complice de celui qui parle) et par l'acceptation. Celui qui accepte de telles paroles transgresse en effet [l'interdit exprimé par] le verset : « N'accueille point un rapport mensonger -לֹא תִשָּׂא, שֵׁמַע שָׁוְא » (3), au sujet duquel Ḥazal ont enseigné dans la Mekhilta qu'il s'agit d'une mise en garde quant à l'acceptation du lashone har'a, outre les autres commandements négatifs et positifs qui s'y ajoutent, comme on l'a écrit dans l'introduction (4).
Et Ḥazal ont également] dit que celui qui accepte [des paroles de] lashone har'a mérite d'être jeté aux chiens, ainsi qu'il est écrit : « N'accueille point un rapport mensonger » (5) précédé par (6) « vous ne mangerez donc point la chair d'un animal déchiré dans les champs, vous l'abandonnerez aux chiens. » (7)
Ils ont également enseigné : « Le châtiment de celui qui accueille [favorablement les paroles de lashone har'a] est plus grand que celui qui les prononce ! » (8)

Mis en ligne le 26 Av 5782 (23 août 2022)
1 Littéralement : « la réception du lashone har'a et l'écoute du lashone har'a. - קַבָּלַת לָשׁוֹן הָרָע וּשְׁמִיעַת לָשׁוֹן הָרָע »
2 Voir Principe 5, section 3.
3 Shemot - Exode 23,1 : « לֹא תִשָּׂא, שֵׁמַע שָׁוְא ». Le Rashbam enseigne : « Il n'était pas obligé d'y croire et il aurait dû le mettre en doute. »
4 V. Introduction, deuxième commandement négatif.
5 Ibid.
6 Shemot - Exode 22,31 : « וּבָשָׂר בַּשָּׂדֶה טְרֵפָה לֹא תֹאכֵלוּ, לַכֶּלֶב תַּשְׁלִכוּן אֹתוֹ ».
7 Pessaḥim 118a : « Et Rav Sheshet a ajouté, au nom de Rabbi El'azar ben Azarya : Quiconque prononce des calomnies, et quiconque accepte et croit les calomnies qu'il entend, et quiconque témoigne faussement sur un autre, mérite qu'on le jette aux chiens, comme il est dit : « Et tu ne mangeras pas de chair de bêtes déchirées dans les champs, tu la jetteras aux chiens » (Shemot - Exode 22,31), et il est écrit ensuite : « Tu ne diras pas [tissa] un faux rapport ; ne mets pas la main au méchant pour être un témoin injuste » (Ibid. 23,1). Répandre des rumeurs équivaut ici à livrer un faux témoignage. De plus, lisez le verset comme s'il disait : Ne faites pas accepter un faux rapport [en vocalisant le terme תִשָּׂא pour le lire 'tassi' et en faire un factitif], c'est-à-dire, n'amenez pas les autres à accepter vos faux rapports. » (traduction et interpolations dues à Sefaria.org.)
8 Rambam ; Hilkhot Deoth 7,13
