Cinquième principe (3)
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Cinquième principe : troisième section
Allons un peu plus loin. Je vais t'interroger, mon frère, au sujet des artifices de l'inclination au mal (et [mon questionnement] n'entre pas dans la catégorie du lashone har'a). Examine-toi attentivement : si tu savais de science certaine qu'on a dit publiquement de toi que tu n'es pas un homme sage (ou des choses semblables, c'est-à-dire la négation de certaines qualités [morales ou matérielles]), quel ne serait pas ton ressentiment vis-à-vis de [la personne qui a répandu de telles paroles] ? Tu penserais : « Quels symptômes de déraison a-t-il vus en moi ? Il n'est rien d'autre qu'une personne mal intentionnée, un propagateur de lashone har'a, dont le seul désir est de dénigrer son prochain et de le discréditer ! » Et pourtant, lorsque tu fais la même chose à l'encontre de ton prochain, qui à bien des égards est meilleur que toi tant aux yeux de HaShem que pour les hommes, tu ne vois pas cela du tout comme une faute ! Vois l'aveuglement dont on peut faire preuve ! Et si tu réfléchis en vérité à ce sujet, tu trouveras dans cet exemple plus d'éléments de l'interdiction du lashone har'a que dans d'autres cas.
C'est que, dans les cas où il a dénoncé son prochain pour la transgression d'un interdit dans le domaine « ben adam laMaqom », ou « ben adam laḥavéro », il arrive souvent que son seul motif soit le zèle pour HaShem. Et bien que [cette intention] n'empêche pas qu'il s'agisse de lashone har'a selon le din (1), son but n'était pas malveillant. Alors que dans le cas où son intention est de critiquer son prochain et de l'humilier, une mida tout à fait détestable, comme l'explique Rabbénou Yona dans le Sha'arei Téshouvah. De même, en ce qui concerne l'auditeur. Car dans les autres cas de lashone har'a qu'on a évoqués (2), ses paroles [celles de celui qui parle] ne sont pas immédiatement acceptées. Il est certain que nombre d'auditeurs diront : « Tant que nous ne l'aurons pas vu de nos propres yeux, nous ne le croirons pas. Certainement, même si ce que tu as dit est vrai, il doit exister un facteur, une circonstance qui l'ont conduit à agir ainsi, car comme on l'a dit, on ne peut croire une telle chose à son sujet. » S'il est ensuite avéré que ce qu'il a dit était faux, la personne [qui a proféré ces paroles de lashone har'a] deviendra un objet de honte et de mépris aux yeux de tous, pour avoir répandu de fausses accusations contre son prochain.
Mais dans le cas qui nous concerne, s'il critique son prochain publiquement, et le traite de sot et d'imbécile, de sorte que les gens de la ville feront de lui un objet de honte et de mépris, il arrive souvent, du fait de nos nombreuses fautes, que personne de l'assistance ne dise : « Parle moins, et prends en pitié l'honneur d'Israël. Pourquoi te crois-tu obligé de lui faire honte de cette façon ? »
[Comme personne n'ose parler ainsi] tout se passe comme si l'orateur n'avait rien fait de mal. D'une personne qui parle ainsi, [la Torah] enseigne : « elle satisfait ses appétits, s'essuie la bouche et dit : "Je n'ai rien fait de mal !" » (3)

Mis en ligne le 13 Av 5782 (10 août 2022)
1 Voir Principe 4 sections 1 et 2.
2 C'est-à-dire les cas où l'orateur dénonce un acte contraire à la Torah, par opposition à celui qui critique les qualités personnelles de son prochain.
3 Mishléi - Proverbes 30,20 : « אָכְלָה, וּמָחֲתָה פִיהָ; וְאָמְרָה, לֹא-פָעַלְתִּי אָוֶן »
