Premier principe (7 à 11)
Premier principe : septième section
C'est particulièrement vrai si, en se taisant, il n'encourt aucune perte financière, mais [risque] seulement d'être maudit ou injurié. Il est alors tout-à-fait interdit de raconter quoi que ce soit, et il n'accordera aucune attention [aux injures], puisqu'en son for intérieur, il sait qu'il sera compté au nombre de ceux qui aiment le Saint Béni Soit-Il. Son visage rayonnera comme la lumière du soleil, comme l'ont enseigné Ḥazal : « Ceux qu'on humilie et qui n'humilient pas [en retour], ceux qu'on injurie et qui ne répondent pas..., il est écrit à leur sujet ''Tes amis rayonneront comme le soleil dans sa gloire '' (1) » (2) À bien plus forte raison celui-là, qui supporte l'humiliation pour [accomplir] le commandement divin ! (3)
Premier principe : huitième section
Pour ce qui est de répondre à la question : « Qu'est-ce que Ploni a dit à mon sujet ? », cela dépend de la condition suivante. Si l'on peut répondre d'une manière qui ne soit ni un mensonge ni de la rékhilout, qu'on lui réponde ainsi, sans proférer de mensonge. Mais si l'on comprend que son ami ne se contentera pas d'une telle réponse, il lui est permis de dire une chose fausse, au nom de la paix. Mais naturellement, il ne peut pas jurer à cet égard, ḥas veShalom !
Premier principe : neuvième section
Sache que s'il ne mentionne pas explicitement le nom de la personne qui a parlé contre son prochain, mais en parle en termes généraux, et qu'ensuite ce nom parvienne à ses oreilles, ou les détails de ce qui a été dit à son sujet, ou encore s'il sait ce qui a été fait à son encontre, mais ne sait pas qui l'a fait, ou qui a parlé contre lui, et ce marchand de ragots est venu, et par des signes, lui a montré de qui il s'agissait, cela aussi est interdit.
Premier principe : dixième section
Il est également interdit de proférer des paroles de rékhilout par duperie. C'est le cas lorsqu'on sait qu'une personne a causé du tort à son prochain dans le passé. Une querelle s'en est suivie, et maintenant, il cherche à réveiller cette vieille dispute, sans que son ami s'en avise. Il fait en sorte, par des allusions, que son ami se souvienne du tort ou de la honte que l'autre lui a fait subir dans le passé. Il semble parler tout-à-fait innocemment, sans paraître savoir qui lui a fait cela, de sorte que son ami se souvienne de lui-même. Ce [comportement], et tout ce qui y ressemble, est absolument interdit.
Premier principe : onzième section
Sache encore que dans l'interdiction de la rékhilout, qu'il dise explicitement ce que quelqu'un a fait ou dit à son sujet, ou qu'il le mette par écrit, cela ne fait aucune différence.
En outre, qu'il lui dise qu'on a parlé de manière malveillante de lui, ou de ses marchandises, c'est la même chose puisque de cette manière, il instillera de la haine dans son cœur à l'encontre de son prochain.

Mis en ligne le Rosh Ḥodesh Adar 5783 (21 février 2023)
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1 Shoftim - Juges, 5,31 : « וְאֹהֲבָיו, כְּצֵאת הַשֶּׁמֶשׁ בִּגְבֻרָתוֹ »
2 Yoma 23a.
