Dixième principe (5)

<- Page précédente                    Page suivante ->

Dixième principe : seizième section

De ce que nous avons écrit, on peut réaliser la gravité de l'erreur dans laquelle tombent constamment les gens : si l'on entend une personne proférer des paroles de lashone har'a à l'encontre de son prochain en son absence, et qu'on lui demande : « Pourquoi ces paroles de lashone har'a sont-elles dans ta bouche ? », elle répondra immédiatement : « Parce que, lui aussi, a parlé contre moi devant untel et untel (1) ! »

C'est une grave aberration pour deux raisons. Tout d'abord, selon la Torah, tu n'aurais pas du croire celui qui [t'a rapporté les paroles prononcées contre toi], parce qu'il est interdit d'ajouter foi au colportage (rékhilout) comme on l'a dit à de nombreuses reprises. Comment te permets-tu à présent d'aller parler contre lui à ce sujet ?

Ensuite, même s'il est vrai qu'il a parlé de toi de manière malveillante, il reste interdit de médire de lui à cet égard, comme on l'a vu dans la onzième section.

Dixième principe : dix-septième section

Si un méfait a été commis, et que Réouven demande à Shim'on : « Qui a fait cette chose ? », il n'a pas le droit de le révéler, même s'il a été le témoin direct, et même s'il pense que Réouven le soupçonne d'être le coupable.

Ce qu'il peut dire, c'est : « Ce n'est pas moi qui ai fait cela. » (à l'exception du cas où il doit révéler la chose, même si on ne le lui demande pas, et même s'il n'est pas soupçonné, car il s'agit d'un incident « ben adam laavéro » (2) et que les sept conditions sont remplies, ou bien d'une faute « ben adam laMaqom » (3), lorsque les conditions dont on a parlé au chapitre 4 sections 5, 7 et 8 sont satisfaites.)

Tout ceci a été enseigné selon le din (la loi strictement appliquée). Il appartient cependant à une grande âme4 d'agir au delà de la lettre de la loi, et de ne pas refuser de s'engager, lorsque son prochain risque d'être humilié. Plus encore, on apprend que plusieurs Tannaïm ont pris sur eux le blâme, afin qu'on ne sache pas qui était le vrai coupable5. On trouve également, dans le Sefer assidim : « Et si l'on se trouve en compagnie, qu'un méfait ait été commis, et qu'on ne sache pas qui en est l'auteur, on doit dire : ''C'est moi qui suis le fauteur'', même si l'on n'a pas failli ! » (6)

Mis en ligne le 18 Shevat 5783 (8 février 2023)

____________________________________

1 Sous-entendu, pour la compréhension du paragraphe suivant : « en mon absence ».












2 « Entre l'homme et son prochain. »

3 « Entre l'homme et son Créateur. »

4 En hébreu : « בַעַל נֶפֶשׁ », littéralement, maître de l'âme : une personne de haute exigence morale, qui va au-delà de ce que requiert la stricte application de la Halakha.

5 Sanhédrin 11a (voir Introduction, 14ème commandement positif.)

6 Sefer Ḥassidim, 22.

Créez votre site web gratuitement ! Ce site internet a été réalisé avec Webnode. Créez le votre gratuitement aujourd'hui ! Commencer